On a beau courir ou rester planté sur ses jambes pour résister à la tempête, on ne peut pas vraiment échapper au vent du changement. Au lieu de sortir par la porte de derrière et demander l'asile à un pays pas trop regardant sur les modalités d'extradition genre Uruguay ou France (selon BB Doc), Mouammar Kadhafi, le dirigeant lybien s'est entêté à défendre sa porte d'entrée et les dernières miettes de son pouvoir.
Comme un certain Saddam Hussein avant lui, le "guide suprême de la voie qu'il a tracé lui-même pour s'arroger le titre de guide" joue la carte de la défiance, croyant que sa mégalomanie et ses amazones le protégeront de la chute. Difficile à croire. Tout d'abord, parce qu'en promettant un bain de sang à ses contestataires, il a aussi déclenché un processus sans retour qui ne se soldera que par sa mort ou sa fuite (mais il a alors intérêt à bien se planquer). Ensuite, parce que tous les chefs d'état ont profité de l'occasion pour se défaire d'une épine qui commençait sérieusement à gêner dans la diplomatie mondiale. Certes, tous lesdits chefs d'état se sont pliés à la tradition du "baise-main" et du "cire-pompes" devant le Guide pour le pétrole et la vente de Rafales Made In France, mais bon, l'occasion est trop belle pour trouver un interlocuteur un peu plus fréquentable.
Parce qu'un bédouin qui snobe l'Elysée pour pieuter sous une tente, qui porte des Ray-Ban et des frisettes "revival années 80", il faut avouer que ça ne fait pas très sérieux. Et puis bon faire péter des bombes dans des avions au-dessus de l'Ecosse ou du Niger, ça fait tâche quand on veut faire croire que l'on est fréquentable. Mais bon, nul doute que le Colonel trouvera toujours un hôte pour lui prêter sa modeste villégiature avec vue sur la mer pour une retraite en catimini avec exfiltration "barbouzesque". D'ailleurs, pas dit que Kadhafi n'ait pas appelé son "frère" Patrick Ollier, pour lui demander s'il ne pourrait pas lui trouver une petite villa sur la Côte d'Azur. On imagine alors les barbecues entre amis les dimanches après-midi après le Grand Prix de Formule 1 du Bahrein... euh plutôt celui de Monaco. Ollier et son "frère" Khadafi, Michèle Alliot Marie , sa chère et tendre avec son ami Ben Ali... ne manquerait plus qu' Ahmadinejad pour que la fête soit parfaite. Attention quand même aux tâches sur la nappe blanche... Bah, de toute façon, il y en a déjà...
Après Zine Ben Ali, après Hosni Moubarak, Mouammar Kadhafi semble être le troisième à dégager dans ce qui semble être la "Révolution du Maghreb". L'histoire est en marche, elle suit un processus logique, et petit à petit, les cartes s'écroulent... Bouteflika aurait raison de s'inquiéter

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